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30.01.2006

Tableau de bord européen de l'innovation (2005)

A l'heure où la Commission Européenne alerte (voir le billet du 24.01.2006 "Recherche et innovation en Europe") les responsables politiques, économiques et sociaux des divers états membres sur la nécessité d'instaurer un pacte pour la recherche et l'innovation, la même Commission édite le Tableau de Bord Européen de l'Innovation (TBEI 2005) 5ème édition / European Trend Chart on Innovation.

Y sont analysés, 5 paramètres clés de l'innovation :

  • les moteurs de l'innovation
  • la création de connaissances
  • l'innovation et l'esprit d'entreprise
  • les applications
  • la propriété intellectuelle

Résumé :

Dans l'Europe (vision élargie au-delà des 25 états membres de l'Union), on peut distinguer 4 groupes :

  • les pays les plus performants en matière d'innovation ("leading countries") sont les pays nordiques ainsi que l'Allemagne et la Suisse
  • ceux qui ont des performances moyennes ("average performance") : Autriche, Belgique, France, Irlande, Islande, Italie, Norvège, Luxembourg, Pays-Bas, UK soit pour faire simple les "anciens" états membres
  • les nouveaux états membres sont en cours de rattrapage ("catching up")
  • enfin ceux qui déclinent dans le domaine de l'innovation sur la base des indicateurs retenus ("losing ground") : Bulgarie, Espagne, Estonie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Turquie

Rapporté au contexte international, il apparaît que l'Europe des 25 accuse un retard conséquent par rapport au Japon (écart croissant sur les 3 dernières années) et aux USA (écart stable sur les 3 dernières années).

Le tableau de bord note que le montant des investissements que consacre l'Union Européenne à la recherche est inférieur d'un tiers à celui des USA. Sans compter que la Chine et l'Inde deviennent des centres de recherche et d'innovation de premier plan.

pour consulter le rapport

26.01.2006

L'épidémie de brevets

Dans un billet du 11.10.2005 ("Innovation et brevets"), la question posée était : l'inflation, ces dernières années, de dépôts de brevets ne nuit-elle pas à la recherche et l'innovation ?

La lecture de cet article ("The Patent Epidemic") paru le 9 janvier dernier dans Business Week Online nous permet de revenir sur cette question en mettant en évidence les dérives d'un système qui s'emballe.

Illustration : en 1990, U.S. Patent & Trademark Office enregistre 99.000 dépôts de brevets, en 2004 ce chiffre a pratiquement doublé et la tendance n'est pas à l'inversion, bien au contraire. Il y a conjonction de 2 phénomènes : un naturel (le développement de nouveaux process et applications sur la base de technologies innovantes) et un effet pervers (l'interprétation faite par les tribunaux US sur la notion d'évidence suivant le principe qu'on ne peut breveter quelque chose d'évident comme utiliser un couteau pour couper). En d'autres termes comment déterminer si une invention est évidente ou pas ? Et puisque les tribunaux en sont arrivés à se poser cette question, on a vu fleurir une nouvelle catégorie de brevets : les "junk patents" ; autrement dit des "brevets pourris". Double effet pervers : ces "junk patents" amènent les entreprises innovantes à se prémunir contre le risque de se voir un jour opposer par un concurrent peu scrupuleux un de ces brevets. Elles développent elles-mêmes une stratégie dite de "defensive patenting" en mobilisant au passage de nouvelles ressources humaines et financières qui obèrent celles consacrées initialement à la R&D.

De là à dire que l'inflation de brevets est une menace pour l'innovation.

Lire l'article

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24.01.2006

Recherche et innovation en Europe

Où il est question d'instaurer un pacte européen pour la recherche et l'innovation.

Pour faire suite au Conseil européen de Hampton Court (octobre 2005), la Commission Européenne a mandaté un comité d'experts indépendants consultatif pour émettre un avis sur les moyens de promouvoir les performances de l’Union les domaines de la recherche et de l’innovation. Ces réflexions ont donné lieu à la remise d'un rapport intitulé "Creating an Innovative Europe"

Le constat dressé par le comité d'experts est alarmiste (voir la conclusion du rapport). Côté demande, il y a absence d'un marché susceptible d'offrir des débouchés commerciaux à des produits et services nouveaux. Côté offre, le comité note qu'il serait opportun de penser un environnement favorable aux investissements de R&D. Les experts émettent un certain nombre de recommandations :

  1. harmoniser des réglementations
  2. stimuler la demande par les marchés publics
  3. mettre en place un régime de droits de la propriété intellectuelle compétitif
  4. promouvoir une culture de l’innovation

Enfin, le rapport insiste une des composantes qui mine la compétitivité de la R&D en Europe : le manque de flexibilité et d'adaptabilité des ressources quelles soient humaines (entre pays de l'Union ou encore entre acteurs publics, entreprises et centres de recherche), ou financières (ce qui suppose le développement du capital risque et de nouveaux instruments financiers).


Le rapport complet

22.01.2006

Le marché de l'information professionnelle

Septembre 2005, la société Outsell Inc. (spécialiste des études sur le marché de l'information) publiait une analyse sur l'industrie de l'information au niveau mondial. L'étude a été menée par récupération de données, enquêtes et interview auprès de 4 000 acteurs du secteur de l'information (producteurs, éditeurs de contenu, agrégateurs, diffuseurs, éditeurs de logiciels dédiés à l'information) et d'environ 40 000 utilisateurs (knowledge workers).

Au-delà des chiffres avancés sur l'année 2005, l'intérêt de l'étude porte notamment sur les prévisions faites par Outsell sur la période 2006-2008. Y sont identifiés les tendances d'un marché en forte croissance, ainsi que le suivi des principaux acteurs sur ce marché. Le titre du communiqué de presse qui accompagne l'étude est suffisamment évocateur et révèle la domination croissante des grands acteurs de la recherche en ligne sur cette industrie : "Forecast 2006 Developments for Information Industry, powered by companies like Google, Yahoo and Knight Ridder"

Pour résumer :

  • le marché de l'information professionnelle (celle consommée par les "knowledges workers") pèserait 283 milliards de dollars us pour 2005
  • le taux de croissance annuel sur ce marché serait de l'ordre de 8 % jusqu'en 2008 (étant entendu que l'environnement conjoncturel demeure stable sur cette période)
  • l'industrie de l'information analysée par segment sur la période 2005-2008 :
    • le recherche, l'agrégation de contenu et la diffusion serait le segment (SADS) au taux de croissance le plus élevé (17 % sur les 4 ans). Attention, l'étude comptabilise dans ce segment les revenus publicitaires engendrés par les moteurs de recherche (doit-on alors parler d'information ?)
    • l'information marketing et études de marché (MRRS) en croissance de 11,6 % sur cette période
    • les contenus liés à la formation (E&T) en croissance de 9,3 %
    • les autres segments (information financière, juridique et réglementaire, scientifique et technique, annuaires et pages jaunes) devraient connaître une évolution positive comprise entre 3 et 8 % sur la période

On retiendra au final, que d'après l'analyse faite pas Outsell :

  1. l'industrie de l'information sera principalement tirée par le segment des services d'agrégation et de diffusion des données (dont la recherche en ligne) sous l'impulsion de Google et Yahoo (dans une moindre mesure). A noter une "rupture" dans la chaîne de la valeur de l'information puisque les revenus publicitaires viendront a priori modifier l'économie de l'information professionnelle qui repose aujourd'hui sur des frais d'accès (que ce soit par abonnement à des banques de données et services de diffusion ou l'achat ponctuel de données)
  2. le marché sera marqué par l'évolution des comportements utilisateurs qui "utilisent spontanément les technologies disponibles ..." Le parallèle est fait avec l'échange de données et de fichiers entre particuliers et notamment le Peer to Peer. L'information devient "sociale" et partagée grâce aux applications notamment issues des technologies ouvertes de type Web 2.0 (échange de données entre knowledge workers, développement des weblogs et du social publishing, etc... ). De nouvelles pratiques de consommation de l'information apparaîtront telles la vérification de l'information éditée en quasi temps réel, l'émergence d'une nouvelle crédibilité en tant que contenu issu de sources autres que celles "autorisées".

Enfin, à ce stade de l'étude menée par Outsell, on ne peut s'empêcher de faire le lien avec le billet daté du 16.01.2006 "Google et l'information professionnelle". L'étude révèle, en effet, que le moteur est de loin devenu la référence du marché des moteurs de recherche puisqu'il est adopté par près de 70 % des "knowledge workers" avec un taux de satisfaction déclaré de 75 % (soit 3/4 des déclarants qui ne souhaitent pas changer d'outil)

Assiste t-on à une rupture sur le marché de l'information professionnelle ?

Les 7 scénarii d'évolution proposés par Outsell semblent l'attester.

A suivre ...

Pour télécharger l'étude complète

20.01.2006

Firefox en environnement professionnel (suite)

En complément du billet d'hier (19.01.2006), voici les résultats d'une étude menée le 8 janvier dernier par Xiti Monitor sur le taux de pénétration de Firefox en Europe. On y apprend que le navigateur aurait dépassé la barre des 20 % de parts de marché (la France est dans la moyenne basse européenne avec 18 % d'utilisateurs).
Détail intéressant : l'analyse menée sur un échantillon de sites web professionnels a été reconduite le lendemain soit le 9 janvier. Ce qui a permis à Xiti Monitor d'observer des résultats à la fois sur un jour de week end (Dimanche 8) et un jour de semaine (Lundi 9) et de les rapprocher.

Résultat : l'écart d'utilisation de Firefox entre le dimanche et le lundi serait devenu pratiquement nul.

Conclusion de Xiti Monitor : Firefox est devenu aussi présent sur le lieu de travail qu'en usage domestique.

Le résumé de l'étude Xiti Monitor

19.01.2006

Firefox et environnement professionnel

Voila un débat qui ne manquera pas d'intéresser les "travailleurs du savoir" qui officient au sein des entreprises et organisations.

En parallèle à mon billet du 11.01.2006 "Internet Explorer ou Firefox" qui faisait état de l'usage grandissant du navigateur au panda rouge dans les administrations et l'intérêt de ces dernières à adopter des outils issus de l'open source (coûts, interopérabilité, sécurité), T. Nitot reprend dans un article de ZDNet du 12.01 la question de Firefox en usage professionnel. Plus largement, on pourrait élargir le champ de la réflexion à d'autres applicatifs (pas tous cependant) développés en open source autres que les navigateurs.

Pour ce qui est de mon expérience personnelle (du point de vue professionnel), je peux dire que l'organisation à laquelle j'appartiens fonctionne dans un environnement Windows, que tous les postes de travail sont équipés d'IE et que la DSI a mis en place un schéma de gouvernance des systèmes d'information qui laisse peu de place aux téléchargements d'applications jugées "inopportunes". J'ai malgré tout installé Firefox sur mon poste pour ma plus grande satisfaction (on trouve son bonheur là où on peut, j'y reviens en fin de billet). Ceci étant écrit, je reste discret sur cette initiative "tolérée". Pour dire (c'est l'homme de marché qui parle) que les utilisateurs de ces applicatifs (pour la plupart isolés aujourd'hui dans l'entreprise) inciteront probablement un jour leur organisation à adopter ces outils parce que leur usage croissant amènera de nouveaux utilisateurs ainsi que de nouveaux besoins et que ces besoins trouvent a priori une réponse plus immédiate dans le domaine de l'open source.

Les raisons pour lesquelles j'ai adopté Firefox comme navigateur (il y a 8 mois) :

  1. la rumeur (je m'explique : autour de moi il était de bon ton de s'afficher comme utilisateur ou testeur du navigateur au panda rouge, effet de mode oblige probablement) et pour reprendre le principe suivant lequel on a envie de se coucher moins bête chaque soir, j'ai téléchargé un jour où la pression était devenue trop forte
  2. les fonctionnalités proposées par le navigateur et notamment la navigation par onglet (j'y trouve un intérêt en ouvrant une session par thèmes de recherche, soit plusieurs onglets ouverts et pages visitées dans le cadre d'une session Firefox, j'ai donc autant de sessions Firefox ouvertes que de recherches thématiques menées en simultané)

Voici donc les premières étapes de cette conversion. Maintenant quand je m'interroge sur les raisons qui font que je reste fidèle à l'outil :

  1. les marques pages dynamiques entre autre
  2. la capacité de la fondation Mozilla à apporter les évolutions au produit parce que les besoins utilisateurs évoluent ainsi que les technologies. On pourrait même parler de réactivité qui lui garantit un critère de différenciation positif par rapport à d'autres
  3. parce qu'il répond efficacement à mes besoins d'aujourd'hui
  4. enfin et surtout parce que je ne suis pas encore lassé de l'outil

Maintenant, pour revenir à la question du déploiement des applications open source en environnement professionnel, j'ai le sentiment qu'un des principaux freins est lié à la question de la pérennité de ces applications.

A suivre ...

Ps : vous êtes près de 40 % des connectés à ce blog depuis Firefox pour un gros 40 % dont le navigateur n'a pas été reconnus par la plate-forme ; le reste se répartit sur les autres navigateurs du marché

18.01.2006

Google for ever

Certains en rêvaient, ...

... Google l'a fait !

De quoi s'agit-il ?

D'un ensemble de logiciels intitulé Google Pack

On y trouve :

  • des applications propriétaires Google (liste non exhaustive) : Google Earth, Picasa, Google Desktop, Google Talk
  • ainsi que des applications d'autres éditeurs (liste non exhaustive) : Adobe Reader 7, RealPlayer, Ad-Aware SE Personal (un antispyware), le navigateur Firefox auquel a été intégré la Google Toolbar, Trillian (outil de messagerie instantanée), Norton AntiVirus 2005 SE (gratuit 6 mois, au delà prévoir l'achat d'une licence ce qui constitue l'exception dans un pack entièrement gratuit)

L'accroche de Google est d'une simplicité déconcertante et tient en 4 mots : simplifier vous la vie !

A partir d'un téléchargement unique et donc un seul agrément (en terme de licence), vous accédez à une suite de logiciels qui vous permettra de mener une vie numérique "normale". Mieux, comme quoi Google pense à tout, il n'y a plus de craintes à avoir quant aux mises à niveau des applications utilisées dans le cadre du pack : la fonctionnalité Google Updater vous informe automatiquement quand une mise à jour est disponible ou qu'un nouveau logiciel est intégré au pack.

Mais comme si Google avait deviné nos craintes de se voir imposer des applications jugées non utiles, le pack est paramétrable et permet de ne retenir que les logiciels souhaités.

Dernière condition : ne fonctionne que sous Windows XP
Interdit pour les "Google addicts"

Télécharger Google Pack

17.01.2006

Un outil pour traquer les tendances

 


L'information n'est pas nouvelle, mais ne devrait pas laisser insensible les marketeurs qui seraient passés à côté courant 2005 (il y en a) :

Début 2005, la société Intelliseek "ouvre une fenêtre" sur la blogosphère appelée BlogPulse

Ce moteur de recherche spécialisé sur les weblogs - outre ses fonctions habituelles de recherche par mot-clé - propose des outils d'analyse intéressants pour tout homme de marché dont le métier est de détecter et comprendre pour anticiper.

Outre le fait que BlogPulse indexe - à la date du billet - plus de 21 millions de blogs (à titre de comparaison Technorati en indexe 25,4 millions), le moteur propose des fonctionnalités de détection et d'analyse de thèmes les plus populaires traités sur la blogosphère (suivi de rumeurs garanti si le thème est assez populaire toutefois).

A titre d'illustration, il est intéressant d'effectuer une analyse Trend Search sur le terme DADVSI (droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information) et de constater le pic de traitement sur ce thème précis le 22.12.05 soit au lendemain du passage en première lecture à l'Assemblée Nationale du texte de loi. A noter cette fonctionnalité qui rend l'outil très vite convivial : la possibilité de cliquer sur le graphe et d'accéder de la sorte aux weblogs se référant au sujet analysé.

Le moteur propose aussi une fonctionnalité de suivi des commentaires (Conversation Tracker) qui émanent de la blogosphère sur un thème précis (à approfondir).

En conclusion : dans sa configuration "détecteur de tendances" BlogPulse offre un outil intéressant (bien que la remontée des résultats sous forme graphique se limite aux 6 derniers mois maximum). Il constitue une alternative à ne pas négliger pour les marketeurs qui souhaitent suivre l'actualité d'une marque, d'une société ou d'un concurrent traitée dans les weblogs. Encore faut-il prendre pour acquis le fait que les weblogs sont des sources d'information à part entière et que l'analyse se fasse sur des éléments qui ont une part de présence significative dans la blogosphère.

DADVSI par l'exemple

Pour tester Trend Search

16.01.2006

Google et l'information professionnelle

On connaît la position quasi-hégémonique qu'occupe aujourd'hui Google dans l'environnement des moteurs de recherche sur Internet (sur le blog d'Abondance, il est fait état d'une part de trafic de 82 % pour la France).

Qu'en est-il des usages de Google sur le segment de l'information professionnelle ? Poser la question telle que revient à effectuer un distinguo entre Google en tant qu'instrument de recherche généraliste point d'entrée sur le web pour une recherche d'information de premier niveau et des outils de veille réputés plus sophistiqués notamment dédiés à un environnement professionnel. Reformulée autrement, la question pourrait être la suivante : Google peut-il s'intégrer dans une logique de veille et d'intelligence économique (IE) au sein des entreprises et organisations ?

Difficile de répondre de façon tranchée. Les avis divergent entre détracteurs et afficionados du moteur, et dépassent la simple opposition entre professionnels de la documentation et de la veille et utilisateurs courants.

Dans les faits, on observe : la volonté manifeste de Google de se positionner sur le segment de la recherche d'information en environnement professionnel avec ses déclinaisons Google Mini et Google Search Appliance. Peut-on dès lors parler de suites logiciel au même titre que les outils de veille proposés aujourd'hui sur ce marché par quelques éditeurs (dont certains sont regroupés au sein d'organismes professionnels tel le GFII).

Cette observation ne fait pas pour autant (tout du moins sur le papier) de Google un acteur de référence sur le marché de l'IE. En effet, nombre de professionnels de l'information opposeront à cette affirmation, le fait que Google ne balaye que l'ensemble des données rendues publiques par leurs producteurs versus le "web invisible" (celui des bases de données accessibles depuis des espaces privatifs). Autre élément différenciant Google des outils de veille : le fait que le moteur remonte une donnée brute de tout traitement et analyse ce qui pose le problème de la validation de la source émettrice.

Cependant, force est de constater - dixit une contribution d'A. Garnier dans le n° 218 de BASES (juillet-Août 2005) - que Google est devenu "le Modèle" de référence sur ce segment de l'IE en ce sens que le moteur de recherche est l'élément structurant du marché de l'information. Ou encore (en référence au billet du 28.11.05) le market maker qui impose son modèle aux autres acteurs de l'information.

Dans une logique de prospective, on peut légitimement se demander (tout comme A. Garnier) quel espace laissera Google aux acteurs traditionnels du marché de l'information ? D'autant que les éléments de différenciation avancés par ces derniers vis à vis du moteur (soit la capacité des outils de veille à valoriser, traiter, synthétiser, partager, diffuser et archiver l'information dans un environnement professionnel) sont passablement mis à mal avec les outils de travail collaboratif proposés dans le cadre des applications web 2.0

Dans ce sens, n'est-il pas opportun de se demander si Google peut être à l'avenir l'élément structurant d'un système d'information autour duquel diverses briques applicatives vont se greffer au gré des besoins de l'utilisateur ?

Quoiqu'il en soit, Google - de par sa simplicité d'utilisation et la gratuité de son usage pour effectuer des requêtes - est l'outil "qui a su démocratiser la recherche d'information" (A. Garnier) et constitue sans aucun doute la rupture attendue en matière d'IE. A tel point que certains experts du marché de l'information ont développé un véritable phénomène de "Google addiction" et s'interrogent aujourd'hui sur l'optimisation de son utilisation dans une logique de veille (j'utilise personnellement Google Alert pour remonter un information de nature concurrentielle).

La question reste ouverte pour les acteurs du marché de l'information professionnelle : Google, menace ou opportunité ?

13.01.2006

Est-ce la fin du bookmark ?

Pour faire simple, disons que depuis qu'on accède à Internet depuis un navigateur, le bookmark existe. Le principe n'a pas changé : une page, un site jugé intéressant et on enregistre dans son "bookmark" (marque-pages ou liste de favoris) l'adresse de la page en question, on organise ensuite le classement des pages mémorisées en dossiers, voire sous-dossiers de façon à y revenir par la suite. Une évolution a été apportée à cette logique en 2004 avec le navigateur Firefox qui propose le marque-pages dynamique, soit le rafraîchissement automatique de votre bookmark en fonction des mises à jour de vos sites favoris.

Avec les applications nouvellement apparues dans la tendance Web 2.0 (internet collaboratif), on a intégré de nouvelles fonctionnalités au bookmark : la catégorisation et le partage de liens entre internautes (social bookmarking) de même que l'accès à distance au bookmark (et non plus uniquement depuis le poste client).

Voici une application (parmi d'autres plus ou moins équivalentes) - qui vient s'intégrer au navigateur - et qui bouscule quelque peu la logique initiale. Autant le bookmark permet de mémoriser l'intégralité d'une page, autant Clipmarks permet des fonctionnalités quasi-équivalentes à ce qui a été précédemment décrit avec cependant cette différence de taille : la mémorisation d'une ou de plusieurs partie à l'intérieur d'une page (voire depuis plusieurs pages) qu'il s'agisse d'images, photos, paragraphes ou phrases.

Ces données (jugées pertinentes et suffisantes pour être organisées par l'utilisateur lui-même) sont mémorisées sur un serveur et accessibles dans un espace privé. Elles peuvent être assorties de mots-clé porteurs de sens qui facilitent la catégorisation et partagées avec d'autres utilisateurs du service qui manifestent un intérêt identique avec pour seule condition de rendre public ces données.

Pour résumer : une application qui permet de mémoriser sur internet ce qui est jugé essentiel par l'utilisateur, de l'organiser et de le partager.

Pour tester Clipmarks

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