08.06.2006

Google enfonce le clou avec ... un tableur

C'était hier (plus précisément courant mars), Veille et Innovation revenait sur les initiatives de Google pour venir jouer dans la cour de Microsoft.

medium_google_labs.gifIl était dit que la firme de Mountain View était en route sur le sentier de la guerre pour croiser le fer avec celle de Redmond. La hache était déterrée avec l'annonce du rachat de l'application de traitement de texte Web : Writely. Eh bien, on peut dire que Google a de la suite dans les idées et enfonce le clou avec l'annonce du lancement d'un tableur.

Point de démarrage de la réflexion menée par Google : comment partager facilement et rapidement des données en temps réel ?

Réponse du Google Labs : la mise à disposition d'un tableur sur le web ou l'accès à vos données produites à partir d'un tableur depuis n'importe quel poste connecté au net.

Pour faire encore plus simple : plus nécessaire d'avoir recours à des applications bureautiques propriétaires payantes (on ne citera pas le leader du marché, c'est déjà fait). Il suffit d'une connexion à internet pour accéder au document depuis un navigateur.

On en devine très vite l'intérêt (ou plutôt les intérêts) :

  • l'accès au document à distance, à tout moment
  • le partage des données avec des personnes invitées (saisie des e-mail) à consulter, modifier le document dans une logique de travail collaboratif (c'est tendance). L'application permet de définir divers profils d'invités en fonction des droits qui leurs sont alloués (visualisation uniquement ou édition)


Condition pour participer à la validation de la version béta : disposer d'un compte Google. C'est ici

Mais attention, le tableur  Google n'a pas vocation à proposer des fonctionnalités aussi élaborées que celles du standard du marché (on ne le citera pas, c'est dit plus haut). Par exemple, les imports et éditions de graphiques depuis l'application ne sont pas proposés - tout du moins dans l'immédiat. La version béta doit permettre de faire remonter au Google Labs l'ensemble des besoins (réputés basiques) exprimés par les utilisateurs finaux.  

Il permet malgré tout d'importer des feuilles de calcul sous format .xls, ainsi que des données au format .csv. L'enregistrement des documents réalisés depuis l'application peut se faire sur le poste de travail sous 3 formats (xls, csv et html).

Le public visé par Google est - a priori - celui des particuliers qui souhaitent utiliser l'application dans une configuration "simple" pour produire des documents (plannings de réunion, feuilles de calcul) et les partager.

A considérer que la firme de Redmond génère une partie importante de ses revenus sur les entreprises, on peut malgré tout penser qu'il s'agit d'un sérieux pavé dans le modèle économique de Microsoft.

Et l'on reparle d'un univers informationnel dominé par Google qui l'organise comme un réseau global de connaissances qui concentrera tous les savoirs (numériques) produits par l'homme et accessible à tous ou presque depuis internet.

 

Pour en savoir plus : le Google Spreadsheets Sneak Peek tour

Source de l'info : SiliconValley.com (Mercury News)

pour compléter le billet :

Google va t-il déclarer la guerre à Micosoft ?

AjaxWrite ou les malheurs de Microsoft 

 

 

06.06.2006

Chercher, c'est trouver !

C’était le mois dernier : SearchEngineWatch nous révélait la parution de deux études parues simultanément sur l’analyse des comportements des internautes lorsqu’ils effectuent une recherche sur les moteurs.

La première étude est co-réalisée par Jupiter Research et iProspect. Elle propose une analyse des tendances observées sur 3 années (2002 – 04 et 06). Intéressant de constater l’évolution des comportements et des attentes sur une période donnée. Et là l’étude tend à démontrer que le niveau d’exigence des personnes qui cherchent augmente en même temps que leur aptitudes à développer des stratégies de recherche plus ou moins complexes.

Résultats :

  • 62 % des utilisateurs de moteurs de recherche cliquent sur un résultat remonté sur la première page de retour ; 19 % de plus vont jusqu’à la seconde page de retours et 9 % de plus sur la troisième. Au final, 9 de ces utilisateurs sur 10 ont cliqué sur un résultat apparu dans les 3 premières pages de retour que remonte le moteur. En tendance (sur la période considéré), les utilisateurs tendent de plus en plus à limiter leur recherche aux 2, voire 3 premières pages
  • après une recherche jugée infructueuse, 41 % des utilisateurs révisent leur stratégie de recherche (le ou les termes de la requête), voire change de moteur lorsqu’ils ne trouvent pas de résultats satisfaisant dès la première page de retours ; 27 % font de même à la seconde page de retours et 20 % supplémentaires pour la 3ème. Au final, ils auront été 88 % d’utilisateurs à avoir modifié la recherche initiale pour ne pas avoir trouvé de réponse satisfaisante dans les 3 premières pages de retours. En tendance, les utilisateurs sont de plus en plus nombreux à modifier leur stratégie de recherche si les résultats des moteurs ne sont pas jugés satisfaisants dès les premières pages
  • pour poursuivre dans le registre de la recherche infructueuse, 82 % des utilisateurs optent pour une modification des termes de la requête initiale ; quand 13 % changent de moteurs. En tendance, il semble que les utilisateurs demeurent de plus en plus fidèles au moteur initialement utilisés
NB. l’enquête a été réalisée en janvier 2006 sur un panel d’internautes US

 

La seconde étude a été menée par Harvest Digital en partenariat avec Metro Research et s’intéresse plus particulièrement aux utilisateurs «expérimentés» de l’internet (au Royaume-Uni) dans leur stratégie de recherche d’informations sur les moteurs de recherche (est considéré par l’étude comme «expérimenté», l’internaute qui navigue sur le net depuis au moins 3 ans et y consacre au minimum 10 heures hebdomadaires)

Résultats :

  • la moitié de ces utilisateurs avisés passent au moins 3 heures par semaine a effectuer des recherches en ligne et ils sont 69 % à déclarer trouver réponse
  • 94 % des répondants déclarent utiliser … Google (que reste t-il aux autres ? la réponse est en partie dans la rubrique La vie en Google de ce site. Je peux cependant vous dire que selon l’étude les 3 suivants Yahoo, Ask Jeeves et MSN tournent à environ 40 % de déclarants) …
  • … mais (parce que leur avenir n’est pas aussi bouché qu’il n’y paraît) l’espoir demeure. Pour preuve, seulement 24 % des répondants déclarent n’utiliser qu’un seul moteur. 30 % en utilisent 2 ; 26 % utilisent 3 moteurs ; il y en a même 9 % qui utilisent plus de 4 moteurs
  • dans le même temps les répondants reconnaissent que si les résultats ne sont pas à la hauteur, c’est que souvent les termes de la requête sont inadéquates ou que la requête même est jugée trop spécifique et que l’information n’est peut être pas disponible dans les moteurs. La présence de liens sponsorisés est avancée dans un cas sur quatre comme cause de recherche infructueuse
  • 5 % des répondants utilisent 1 mot seul dans la requête ; 27 % d’entre eux utilisent 2 mots ; 40 % 3 mots
  • 43 % cliquent sur un résultat de la première page
  • 32 % cliquent sur un résultat parce que la description qui remonte du moteur est en adéquation avec leur attente
  • la moitié des répondants estime devoir améliorer leur technique de recherche


Conclusion : mieux vaut apparaître dans le haut des résultats ou tout du moins sur les premières pages. Au-delà les résultats deviennent quasi invisibles pour les utilisateurs des moteurs de recherche. CQFD (mais qui en doutait encore ?)

iProspect Search Engine User Behavior Study (Avril 2006)

attitude to search amongst experienced internet users (Avril 2006)

Pour compléter ce billet, je vous invite à consulter le billet que j'ai réalisé il y a peu sur une étude comparative sur 6 moteurs

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03.02.2006

Journalisme citoyen et information

Avec le déploiement d'applications inscrites dans la tendance Web 2.0 (web collaboratif, réseaux sociaux, extension de la blogosphère, bref tout ce qui concourt à une diffusion plus large de l'information), et la multiplication des sources d'information qui en découle, il est intéressant de s'interroger sur la position adoptée par les média traditionnels face à cette inflation de données et de sources.

Derrière cette question, on touche - à nouveau - celle de la validation de l'information et du crédit apporté à la source.

Dans ce contexte, voilà une initiative qui alimente le débat :

The Witness Contributors' Code of Practice

De quoi s'agit-il ?

L'initiative part d'une volonté des acteurs des média de presse d'apporter une réponse au développement du phénomène du journalisme citoyen. A l'origine : la National Union of Journalists (union de journalistes britanniques et irlandais avec pour objectif de défendre les intérêts de ses membres au nombre de 35 000)

Le code vise principalement à fixer les règles éthiques entre les professionnels de la presse et les individus qui émettent de plus en plus d'information reprise par les média traditionnels. En d'autres termes, le code doit définir les conditions de validation de l'information reprise par les média, d'authentification et de vérification des sources, de rétribution de ces mêmes sources, de copyright et de droit.


Intéressant, d'autant plus qu'un certain nombre d'initiatives se font jour pour coupler la recherche d'information notamment à base de dépêches aux réseaux sociaux. Dernière annonce en date : l'arrivée prochaine (début février pour la version béta) de Wikio, "un moteur de recherche d'actualité dirigé par les internautes ! Il surveille, en temps réel, plusieurs dizaines de milliers de sources d'information, extrait quotidiennement plusieurs centaines de milliers de dépêches qui sont ensuite classifiées par thématiques puis archivées dans une base de données de plusieurs millions de documents. Le classement des dépêches tient compte de la pertinence des informations mais également de leurs popularités auprès des membres qui votent, commentent ou même rédigent l'actualité."

Pour plus d'info

Pour consulter le Code

Pour suivre le débat animé par The Guardian sur le "Journalisme Citoyen"


09.01.2006

Validité de l'information : combien de bloggers en France ?

C'est l'histoire d'une rupture dans la chaîne de transmission de l'information (voir le modèle mathématique des systèmes de communication de Shannon et Weaver dans lequel le Bruit vient interférer entre l'Emetteur et le Récepteur) ou plus simplement l'effet "téléphone arabe" tel que décrit par T. Nitot dans un billet de janvier 2005.

L'histoire relatée :

  1. le 15 décembre dernier, Mediametrie (département Internet et nouveaux média) édite un communiqué de presse intitulé "La blogosphère en ébullition". L'étude en question propose une analyse quantitative du phénomène blog sur la population des internautes français. Les données restituées sont une photographie à un instant donné (2ème ou 3ème trimestre 2005) ou une tendance observée entre 2 dates pour un indicateur
  2. Le Monde (dans un article daté du 03.01.06) tout en se référant à l'étude Mediametrie annonce "Un français sur dix a créé son blog sur Internet".
  3. le problème, c'est que l'étude Mediametrie restitue une donnée bien différente : "Un internaute sur 10 a déjà créé son blog"
  4. depuis, les commentaires de bloggers sont "acides" envers le quotidien

Au delà des aspects numériques (soit le différentiel entre les chiffres avancés par Mediametrie : 2 271 000 internautes bloggers et les chiffres émis par Le Monde : 6 à 7 millions de français bloggers) que doit-on penser ? A vous de juger ?

Sans entrer dans le débat (quoique !), la question qui revient en boucle chez le consommateur d'information est celle-ci : quelle valeur doit-on accorder à l'information ? et derrière cette question de la valeur se profile celle de la validation.

Ma morale de l'histoire : rien ne vaut l'information à la source

Consulter le communiqué de presse Mediametrie

Consulter l'article du Monde

Des réactions de bloggers

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05.10.2005

L'intelligence économique pour faire quoi ?

Tout d'abord l'intelligence économique (ce que les anglo-saxons appellent Business Intelligence) c'est quoi ?

L'encyclopédie libre Wikipedia en donne la définition suivante :

L'intelligence économique utilise les méthodes de management et les techniques ayant pour objectif d'apporter des informations à l'organisation, c'est-à-dire à enrichir le savoir de l'organisation (entreprise, État, association, ONG, OIG...) à des fins de développement et de protection contre les menaces la visant (déstabilisation, espionnage, vandalisme, voire terrorisme), d'abord en les anticipant. L'intelligence économique se distingue de l'espionnage économique car elle utilise exclusivement des moyens légaux.

On complétera cette définition par celle de l'ADBS (Association des professionnels de l'information et de la documentation) :

  • Définition de l'ADBS : "L'intelligence économique est constituée par l'ensemble des concepts, des outils, des méthodologies et des pratiques permettant de mettre en relation, de façon pertinente, différentes connaissances et informations dans la perspective de la maîtrise et du développement de la dynamique économique. Cette mise en relation implique en particulier : - une mobilisation des hommes ; - un traitement et une analyse de l'information et de la connaissance orientés vers une finalité opérationnelle ; - une circulation efficace des informations et des connaissances au sein des organisations concernées."

En résumé faire de l'IE pour faire quoi ? On pourrait résumer la réponse en affirmant que veiller aujourd'hui, c'est assurer demain la pérennité de l'entreprise.

Dans une PME, quels sont les acteurs de l'IE ? Idéalement, tout le monde : des commerciaux qui sont en contact avec les clients et les concurrents, aux comptables qui entretiennent un lien avec les fournisseurs. Cependant, si le principe de mettre en place des actions de veille est impulsé par le dirigeant qui en maîtrise les enjeux, les responsables marketing, et la Recherche et Développement.

La matière première de l'IE, c'est l'information. Faire de l'IE, c'est adopter la chronologie suivante :

  1. identifier les sources d'information pertinentes pour l'entreprise
  2. collecter l'information
  3. la trier
  4. la valider
  5. l'organiser en la rendant intelligible
  6. pour - au final - la diffuser aux décisionnaires qui définissent la stratégie.

Mettre en place une cellule de veille ou externaliser la fonction ?

C'est une question de moyens humains et financiers. On peut faire de la veille à moindre coûts, mais nécessitera obligatoirement quelques ressources humaines. Après tout est affaire de méthode et donc d'organisation.