03.03.2006

Comment les universités ont assuré la diffusion d'internet

Au delà des chiffres relatifs à Internet (nombre de connectés au réseau des réseaux, modes de connexion, profil des connectés, usages constatés sur la toile, etc...), il est aujourd'hui considéré qu'Internet est la principale innovation technologique de ces 15 dernières années (les technologies sans fil ou wireless peuvent à mon avis y prétendre aussi). C'est à se demander d'ailleurs comment était le monde avant l'internet ?

Si Internet s'est imposé aujourd'hui dans les usages quotidiens, ainsi que dans l'environnement professionnel, il est intéressant d'observer son mode de diffusion dans la société sur la dernière décennie.

D'un usage à vocation militaire à son origine (1), le réseau des réseaux s'est étendu à toute la société. Une étape déterminante dans cette diffusion nous est révélée par un billet d'InternetActu qui nous renvoie à une étude canadienne.

Focus : l'Université de Toronto a mené en juillet 2005 une étude qui met en évidence la corrélation entre adoption de la technologie internet par le monde universitaire et dissémination de l'internet dans la société nord-américain au cours des années 90.

Où il est fait état du rôle déterminant joué par la communauté universitaire (étudiants et enseignants) dans la diffusion de la technologie internet dans toutes les couches - ou presque - de la société à partir du milieu des années 90. Or, contrairement aux schémas classiques de diffusion des avancées technologiques d'origine universitaire (par voie de publications scientifiques et / ou par l'intermédiaire de partenariats entre centres de recherche et industriels), la diffusion de cette technologie de communication novatrice s'est faite par les usages (internet utilisé pour l'échange de fichiers et comme outil de communication). La technologie internet rapidement adoptée par la communauté universitaire - qui prenait de ce fait le statut de "early adopter" - s'est répendue dans la société suivant le principe de sensibilisation et prescription dans une logique de contacts interpersonnels et du réseau d'influence constitué par ces "early adopters" auprès de leur entourage (familial au premier chef). En résumé d'après l'étude, la valeur d'usage perçue par la communauté universitaire a été le principal vecteur de diffusion de la technologie dans le reste de la société.

Décision d'adoption, diffusion technologique, n'est-ce pas finalement le juste retour de la théorie de la diffusion des innovations d'Everett Rogers ?

The (Teaching) Role of Universities in the Diffusion of the Internet

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(1) début années 60 : mise en place à l'initiative du Département de la Défense US de l'Advanced Research Project Agency pour étudier l'amélioration de la transmission d'informations d'ordinateur à ordinateur, avec pour objectif de créer un réseau de communication invulnérable à toute attaque nucléaire éventuelle

27.02.2006

la carte européenne des start-up tendance web 2.0

J'avais commencé ce mois par un billet vous informant sur l'initiative d'une société US (Fourio) de cartographier l'implantation des sociétés qui développent des web applications tendance Web 2.0. au niveau mondial. Tout en notant la forte prédominance des sociétés US, j'avais alors alerté le lecteur que le service (Web 2.0 Innovation Map) était en cours de lancement et que l'éditeur invitait les sociétés concernées à venir s'y inscrire.

Qu'en est-il un mois après ?

Eh bien, l'Europe apparaît dorénavant sur la carte mondiale des web app 2.0. On ne peut toujours pas parler d'exhaustivité, on notera au passage quelques problèmes de localisation (la balise Bilbao est positionnée au niveau de ... Perpignan, les basques et catalans apprécieront !).

Autre initiative du même ordre : european web2 startups dont le principe de fonctionnement est équivalent au précédent avec cependant une plus forte exhaustivité sur l'Europe et la France en particulier.

Pas certain, cependant, que toutes les références qui y figurent sont à classer au registre des start-up ou des applications tendance Web 2.0.

A vous de juger

13.02.2006

Apprendre à chercher sur Internet

L'information date, mais n'en demeure pas moins d'actualité.

A l'heure où les pratiques de veille et d'intelligence économique peinent à pénétrer le tissu des PME françaises, on peut s'interroger sur la nature du discours à entretenir auprès de cette population. La sensibilisation à la recherche d'information (quelle soit de nature économique, stratégique, concurrentielle, réglementaire ou autre) dans les entreprises passe t-elle par une énumération et une description des technologies existantes ou bien par une approche plus pédagogique qui consisterait à expliquer et former.

Dans une logique de formation, voici une initiative du gouvernement du Québec (projet du Service national du RÉCIT, de la formation générale et continue des adultes) qui utilise les ressources du e-learning, soit de l'apprentissage par les Technologies de l'Information et de la Communication. Nom de code : Edumatic

Le projet repose sur un site : J'apprends à chercher et je trouve (recherche sur Internet)

4 étapes structurent le processus d'auto-formation :

  1. un diagnostic de démarrage qui permet d'évaluer les connaissances de l'apprenant en outils et techniques de recherche
  2. une description des processus de recherche d'information avec étude de cas
  3. une description des principaux outils de recherche (moteurs, métamoteurs, répertoires d'annuaires)
  4. un diasgnostic de sortie (qui est la reprise du diagnostic d'entrée)

Points faibles :

  • les questions du diagnostic sont quelque peu compliquées et laissent penser qu'on s'adresse à un public averti
  • le site date (la dernière mise à jour est de juin 2003 !) et la partie "Trucs et Astuces" est franchement dépassée ; d'ailleurs la plupart des liens pointent vers des pages qui n'existent plus.

Cependant, la démarche d'auto-évaluation des connaissances et pratiques en matière de recherche d'information en ligne est intéressante et mériterait d'être actualisée. Peut-être un moyen de rendre le discours sur l'intelligence économique plus intelligible pour les non-inités.

A suivre...

10.02.2006

Le web est-il un média ?

On parle de plus en plus de "nouveaux modèles économiques" pour la diffusion de l'information (au sens large du terme). L'actualité récente (voire les difficultés financières de certains quotidiens de la presse nationale ou régionale) montre que l'accès du public à l'information ne se fait plus exclusivement par l'intermédiaire des média traditionnels (télévision, radio, presse écrite).

Avec la propagation croissante d'internet au sein du grand public (notamment grâce aux offres d'accès haut débit des FAI) l'internet est aujourd'hui considéré comme un média à part entière.

Cependant peut-on assimiler internet à un média ? Rien n'est moins sur.

Pour reprendre une définition du terme média, on considère qu'il s'agit d'un ensemble de moyens de diffusion de masse de l'information. Une lecture stricte de cette définition laisse penser que par média il faut entendre un moyen impersonnel de diffusion d'informations adressées uniformément sur l'ensemble d'une cible sans retour escompté. En termes marketing, on parle de "one-to-many".

Avec le développement des applications de nouvelle génération (tendance Web 2.0), l'interactivité devient la règle à tel point que le consommateur est invité à devenir acteur.

La forme de participation peut varier :

  • chroniqueur (pour reprendre un terme régulièrement employé) qui émet régulièrement des billets via les weblogs
  • agrégateur dans le sens où l'utilisateur peut agréger un certain nombre de sources d'information et les restituer à la communauté sous forme de bookmark partagé, de partage de flux RSS, etc ...
  • éditeur où l'utilisateur peut faire remonter des nouvelles soumises à une communauté qui va elle-même se prononcer sur l'intérêt que ces nouvelles constituent en vue d'une "publication" (ce que propose un outil de "Peer Production News" ou d'édition sélective et collaborative de dépêches du type Digg)
  • modérateur, rôle que certains "experts" peuvent assurer depuis leurs weblogs en organisant le débat sur un sujet d'actualité à partir de la fonctionnalité commentaires

On peut d'ailleurs penser que ce phénomène n'est pas lié uniquement à l'écrit et qu'avec le développement du Podcasting , l'interaction mêlera divers modes de communication : voix, images (animées ou non) et écrit.

Mais alors si Internet n'est pas ou n'est plus un média, qu'est-ce ?

Les adeptes de l'internet collaboratif (tendance Web 2.0) avancent déjà l'idée qu'Internet est devenu une plate-forme d'échanges de données où l'information circule de poste en poste et s'enrichit au fur et à mesure des échanges.

Cela me rappelle étrangement le schéma de Shannon Weaver - Théorie des systèmes de communication (voir le billet du 09.01.2006 sur la validité de l'information) et le principe de rétroaction (ou feedback). Pas vous ?


08.02.2006

Une nouvelle expérience de la navigation sur le web

Voilà un nouvel outil (version bêta actuellement depuis mi-janvier) qui ne manquera pas d'intéresser les "travailleurs du savoir" (dixit ses concepteurs) :

Hyperwords

L'outil se présente comme une extension du navigateur Firefox (version 1.5 nécessaire) et permet à l'intérieur d'une page web de surligner un mot, une partie de texte ou une page entière pour obtenir automatiquement (pour ne citer que les fonctionnalités les plus intéressantes) :

  • le lancement d'une requête dans des moteurs de recherche (Google, Yahoo, ...), des moteurs de recherche sur les blogs (technorati, ...) des banques d'images (Flickr, ...), des sites de news (BBC News, CNN News, NY Times)
  • le lancement d'une recherche d'une définition dans des dictionnaires en ligne (dont l'encyclopédie Wikipédia)
  • le lancement d'une recherche de localisation (Google Maps notamment)
  • le lancement d'une recherche de la sélection dans les sites marchands (dont Amazon et eBay)
  • l'intégration de la sélection dans l'outil de messagerie électronique
  • la traduction d'un mot, d'une sélection ou encore d'une page

Bref, un outil qui simplifie la navigation au sein d'une page sans avoir à ouvrir d'autres sessions ou onglets pour effectuer les tâches citées. On peut penser que Hyperwords devrait rapidement trouver un public qui cherche à gagner du temps.

Pour résumer : vous lisez, vous surlignez ce qui vous paraît essentiel et vous accédez automatiquement aux fonctionnalités décrites ci-dessus.

Une illustration : vous lisez un article depuis le site d'un quotidien ; dans le texte vous relever le titre d'un ouvrage qui vous paraît intéressant ; vous surlignez le titre en question ; Hyperwords est activé et vous propose (via un pop-up) de rechercher l'ouvrage dans Amazon. Résultat immédiat, une nouvelle fenêtre s'ouvre dans le site d'Amazon à la page du titre surligné. Il n'y a plus qu'à passer la commande.

Attention : l'outil est en version bêta et ne propose qu'un nombre limité de sites susceptibles d'accueillir les requêtes (sites US et britanniques exclusivement). On peut imaginer, pourquoi pas, une version localisée par pays au-delà de la phase de test.

Dernière précision : une version Internet Explorer est prévue, mais il faudra patienter jusqu'à cet été

Pour tester l'outil


06.02.2006

Les tendances technologiques pour 2006

C'est Noël après l'heure !

Le 25 décembre dernier le Mercury News annonçait les 10 principales tendances en matière de développement technologique de l'année à venir : "Top 10 tech trends for 2006"

Résumé :

  1. le développement des connexions et réseaux sans fil
  2. des téléphones mobiles multi-usages
  3. le développement de la téléphonie sur internet
  4. le développement des web services qui permettent le transfert du bureau personnel (documents et applications utilisés) sur internet
  5. des avancées significatives en matière de recherche sur les cellules souches
  6. des progrès dans l'élaboration de vaccins anti-grippe
  7. l'accès croissant de start up innovantes au marché mondial en voie de globalisation
  8. le développement du vidéo blog (appelé "vlog")
  9. le développement de la vidéo à la demande indifféremment de l'appareil de réception (TV, PC, téléphone mobile, lecteurs numériques divers, consoles de jeux)
  10. le développement de "technologies propres"
Pour lire l'article

01.02.2006

Web 2.0 Innovation Map

Portland, vous connaissez ?

Un peu de géographie :

C'est entre Seattle et San Francisco, précisément dans l'état de l'Oregon et dans cet état de l'ouest américain, il n'y a pas que des forêts, il y a aussi Fourio : appelons la une agence web design pour faire simple.

Et puisqu'il est question de géographie, arrêtons nous quelques instants sur une initiative de Fourio qui dresse une carte de l'implantation des sociétés qui développent des web applications tendance Web 2.0. Nom de code :

Web 2.0 Innovation Map

Le principe est simple : il s'agit du croisement d'un service (Google Maps) avec des sources d'information relatives aux sociétés référencées Web 2.0 (internet 2ème génération) dans les sites et weblogs.

Il s'agit - a priori - de dresser une carte mondiale de l'implantation de ces "sociétés innovantes".

L'accès au site se fait directement sur un zoom du territoire américain. On note très vite la forte concentration de ces sociétés sur la côte ouest, une implantation non négligeable sur la partie nord-est. Une balise isolée sur les îles Hawaï. Il faut prendre de la hauteur (ce que permet bien sur Google Maps) pour constater que l'Europe est quasiment absente de la carte des applications Web 2.0. Mais qu'on se rassure, l'éditeur (Fourio) annonce que la carte n'est pas exhaustive et invite les dites sociétés à venir se référencer. La carte est assortie d'une liste avec la ville d'implantation et un lien direct vers le site de la société listée.

Pour information Netvibes (qui se définit comme la première page d'accueil sur mesure du web 2.0.) est installée à ...

... Paris ! Mais Fourio ne le sait pas encore !

Pour se promener dans le monde merveilleux des web app tendance Web 2.0

11.01.2006

Internet Explorer ou Firefox ?

On peut penser que derrière cette question sur l'adoption d'un des 2 navigateurs (voire d'un autre) se pose, plus largement, celle de l'interopérabilité et aussi d'indépendance vis à vis des applications propriétaires.

On assiste à la confrontation de 2 logiques qui s'opposent : celle du logiciel libre (open source) et celle des applications propriétaires (on pense bien sur en priorité à Microsoft). L'une qui vise à favoriser la communauté d'échanges dans un souci d'innovation (dixit T. Nitot dans un billet daté du 05.01.06 sur Standblog) versus une approche capitalistique (par la vente de licences d'exploitation).

Au-delà des chiffres (on annonce pour la fin 2005 une estimation de la part de marché supérieur à 17 % pour la France et de l'ordre de 12 % pour le monde), il est admis que l'usage du moteur au panda rouge est en croissance constante au détriment d'IE qui demeure de loin l'application qui écrase le marché des navigateurs.

Dans ce match - où le législateur fait office d'arbitre (voire à ce titre le billet du 16.12.05 sur le projet de loi DADVSI) - il est intéressant d'observer le comportement des utilisateurs et plus particulièrement celui des administrations.

Et de ce point de vue, les dernières nouvelles sont de nature à satisfaire les tenants du logiciel libre : la Gendarmerie Nationale vient d'annoncer son souhait d'installer d'ici fin 2006 sur 70 000 postes utilisateurs le navigateur Firefox ainsi que l'outil de messagerie proposé par la fondation Mozilla (Thunderbird). Raisons invoquées : réduction des coûts, sécurité et interopérabilité entre applications pour ne pas dire indépendance par rapport à un système d'exploitation (qui n'est pas nommé).

On savait déjà certains pans de l'administration fédérale américaine sensibles aux arguments développés par les promoteurs de l'open source, de même que l'administration britannique. Que va t-il rester à la firme de Redmond ?

Source de l'info : la Lettre de l'Atelier