09.06.2006

Google : l'avenir est aux formats de fichiers ouverts

Juste le temps de poster un billet "Google enfonce le clou ...  avec un tableur" et voilà que le débat s'anime dans des termes plutôt manichéens.

Ce matin, Good Morning Silicon Valley revient sur l'annonce du début de semaine faite par Google sur le lancement de la phase test de son tableur en ligne.

Si la cause est entendue, nombre de chroniqueurs admettent que cet utilitaire (appelons-le ainsi) est destiné à un usage personnel (home office) et non pas professionnel. Ils sont, par ailleurs, unanimes pour reconnaître que l'outil présente de sérieuses lacunes de par ses fonctionnalités limitées. Il faut dire que la comparaison (des fonctions proposées) avec la référence du marché, penche clairement en faveur de l'application proposée par la firme de Redmond. Pour faire un raccourci : il n'y a pas photo !

Mais est-ce vraiment là l'objectif de Google (venir proposer une solution concurrente d'Excel) ? Pas sur ! Un billet paru dans Ars Technica avance une thèse pour le moins percutante. L'intitulé du billet est suffisamment explicite : "Google Office : it's about file formats, not MS Office". Où il est fait état de la motivation de Google de populariser (pour reprendre une terminologie familière du côté de Mountain View) un standard de format de documents accessibles depuis des applications web ; et l'on reparle d'interopérabilité et de Open Document format (ODF) : un format ouvert basé sur du XML pour le traitement de texte, les tableurs, bases de données et fichiers de présentation. Bref un format ouvert de fichiers et documents prêts à être consultés, partagés et édités depuis le net.

Mue par un enthousiasme communicatif et encore un peu naïf,  je m'avance à dire : "Vous l'avez rêvé, Google l'a fait ..." et me souviens d'un commentaire de début d'année de T. Nitot dans son Standblog qui s'interrogeait - entre autre - sur l'évolution du marché des suites bureautiques en comparaison de ce qui se passe dans le domaine des navigateurs.

Je vous restitue - dans le texte - la conclusion du billet de Ars Technica :

"... An open standard for documents is everything Google wants. If DOC and XLS currently rule the day, they may rue the day that modestly robust ODF editing tools for word processing and spreadsheets are only a "feeling lucky" click away. And this is how ODF will become the default file format for Office 2010 or 2012. It's not whether or not you're using Word that matters to Google. It will be whether or not you're using ODF as a file format. The first step in taking away dependence on an application (or suite of applications) is to take away the things that make it proprietary"

Bon résumons :

  1. pour le traitement de texte Google développe autour de Writely, d'autres s'y intéressent aussi (AjaxWrite notamment, voire le billet "AjaxWrite ou les malheurs de Microsoft"),
  2. côté tableur, (suivre l'actualité de la semaine),
  3. pour la navigation sur le net on ne présente plus Firefox (tout est dit dans le billet "Internet Explorer ou Firefox" complété par "Firefox en environnement professionnel"),
  4. reste les outils de présentation graphique. On pense bien sur à Powerpoint. Et là on peut dire que l'avenir s'assombrit aussi du côté de Redmond, bien que Google n'ait pas - encore - fait d'annonces. Pour preuve, quelques start-up investissent le marché des outils de présentation en ligne (voir le billet suivant paru dans CNet blog)

Quelques commentaires et avis :

Google Spreadsheet beta doesn't quite add up (InformatioWeek)

Google Spreadsheet hands-on (the Cnet Blog) 

 

 

08.06.2006

Google enfonce le clou avec ... un tableur

C'était hier (plus précisément courant mars), Veille et Innovation revenait sur les initiatives de Google pour venir jouer dans la cour de Microsoft.

medium_google_labs.gifIl était dit que la firme de Mountain View était en route sur le sentier de la guerre pour croiser le fer avec celle de Redmond. La hache était déterrée avec l'annonce du rachat de l'application de traitement de texte Web : Writely. Eh bien, on peut dire que Google a de la suite dans les idées et enfonce le clou avec l'annonce du lancement d'un tableur.

Point de démarrage de la réflexion menée par Google : comment partager facilement et rapidement des données en temps réel ?

Réponse du Google Labs : la mise à disposition d'un tableur sur le web ou l'accès à vos données produites à partir d'un tableur depuis n'importe quel poste connecté au net.

Pour faire encore plus simple : plus nécessaire d'avoir recours à des applications bureautiques propriétaires payantes (on ne citera pas le leader du marché, c'est déjà fait). Il suffit d'une connexion à internet pour accéder au document depuis un navigateur.

On en devine très vite l'intérêt (ou plutôt les intérêts) :

  • l'accès au document à distance, à tout moment
  • le partage des données avec des personnes invitées (saisie des e-mail) à consulter, modifier le document dans une logique de travail collaboratif (c'est tendance). L'application permet de définir divers profils d'invités en fonction des droits qui leurs sont alloués (visualisation uniquement ou édition)


Condition pour participer à la validation de la version béta : disposer d'un compte Google. C'est ici

Mais attention, le tableur  Google n'a pas vocation à proposer des fonctionnalités aussi élaborées que celles du standard du marché (on ne le citera pas, c'est dit plus haut). Par exemple, les imports et éditions de graphiques depuis l'application ne sont pas proposés - tout du moins dans l'immédiat. La version béta doit permettre de faire remonter au Google Labs l'ensemble des besoins (réputés basiques) exprimés par les utilisateurs finaux.  

Il permet malgré tout d'importer des feuilles de calcul sous format .xls, ainsi que des données au format .csv. L'enregistrement des documents réalisés depuis l'application peut se faire sur le poste de travail sous 3 formats (xls, csv et html).

Le public visé par Google est - a priori - celui des particuliers qui souhaitent utiliser l'application dans une configuration "simple" pour produire des documents (plannings de réunion, feuilles de calcul) et les partager.

A considérer que la firme de Redmond génère une partie importante de ses revenus sur les entreprises, on peut malgré tout penser qu'il s'agit d'un sérieux pavé dans le modèle économique de Microsoft.

Et l'on reparle d'un univers informationnel dominé par Google qui l'organise comme un réseau global de connaissances qui concentrera tous les savoirs (numériques) produits par l'homme et accessible à tous ou presque depuis internet.

 

Pour en savoir plus : le Google Spreadsheets Sneak Peek tour

Source de l'info : SiliconValley.com (Mercury News)

pour compléter le billet :

Google va t-il déclarer la guerre à Micosoft ?

AjaxWrite ou les malheurs de Microsoft