22.06.2006

L’avenir est-il aux moteurs de recherche verticaux ?

Il y a le monde de la recherche en ligne dominé par les moteurs généralistes que sont Google (outrageusement) et Yahoo (dans une moindre mesure) et à l’intérieur de ce monde il y a un sous ensemble appelé : les moteurs de recherche spécialisés, dont les moteurs verticaux (Vertical Search Engines). On pourrait citer aussi les moteurs sociaux, collaboratifs ou communautaires.

Bref, le monde de la recherche en ligne est en effervescence à un point tel que Google annonce le lancement de Google co-op, Yahoo celui de son moteur social, Yoono est depuis peu intégré au navigateur Firefox en tant qu'extension, eurekster décline dorénavant son moteur communautaire en fonction de la taille de l'éditeur qui souhaite intégré le moteur à son site, etc...

La question est : y a t-il la place pour que co-existent ces moteurs spécialisés ou encore offrent-ils une véritable alternative aux deux poids lourds de la recherche en ligne ? C'est en tous cas ce que laisse entendre un article paru dans le Washington Post en octobre 2005 (OK ! c'a date mais l'information est toujours d'actualité). Où il est fait état de l'intérêt manifeste des annonceurs pour ce type de moteurs qui sont de par leur nature sensés remonter des résultats plus pertinents que les moteurs généralistes.

Rappelons que dans le modèle économique qui prévaut pour les moteurs de recherche (Google au premier chef), le client n'est pas le net chercheur, mais l'annonceur qui achète des liens sponsorisés. Il n'est pas difficile d'imaginer l'attrait de ces moteurs verticaux dont l'index se limite à un secteur d'activité ou un thème et qui permettent de la sorte de mener une stratégie de recherche pointue (cela tombe bien, les requêtes formulées par les internautes sont de plus en plus complexes) sur un index limité et dont les liens auront été en amont validés par l'éditeur du moteur.

On touche là l'éternelle question de savoir si la quantité ne nuit pas à la qualité ? Les développeurs de solutions de moteurs verticaux mettent en avant les avantages qui devraient théoriquement faire mouche auprès d'une population de professionnels qui estiment consacrés trop de temps à la recherche d'information et pas assez au traitement et à la prise de décision : index limité en quantité, constitué sur la base de sites identifiés qui rentrent dans une ligne éditoriale définie selon un thème précis, des liens validés et mis à jour régulièrement, la notoriété de l'éditeur qui propose le moteur.

Avec le développement des moteurs verticaux et leur logique éditoriale, et au-delà les moteurs de type "communautaire" (voir le billet sur les swicki) on assiste à un changement de paradigme qui se résume ainsi : avant il y avait les machines et les robots, aujourd'hui il y a les machines, les robots et les hommes.

Je vous recommande vivement la lecture de cet article paru le 09/06 dans Lexpansion.com et qui propose l'avis d'un Research VP du Gartner Group pour qui il doit y avoir complémentarité entre une recherche algorithmique (qui ne tient pas compte du contexte) et une intervention humaine.

Un autre article paru dans le JDN (24/05/06) : "Le marché va se diriger vers les moteurs de recherche verticaux"

Pour compléter, consulter le billet suivant sur les coûts cachés de la recherche d'information en milieu professionnel.

09.05.2006

un nouveau moteur pour ce site

Cela fait pas mal de temps qu'en navigant sur divers sites et weblogs qui gravitent autour de mes centres d'intérêt (TechCrunch et Outils Froids pour ne citer que mes favoris) j'utilise - sans y prêter attention (c'est une erreur que je vais réparer au plus vite) - le moteur que me proposent ces sites : il s'agit en l'occurence d'un Swicki. Pour avoir une idée de ce que propose cette nouvelle génération de moteurs de recherche qui s'enrichissent avec les pratiques de la communauté, je vous invite à lire le billet paru sur Outils Froids fin novembre dernier.

Pour revenir à la notion de moteur communautaire ou collaboratif, je vous propose le raccourci suivant : c'est comme reprendre l'équation "plus on est de fous, plus on rit" ; appliqué au domaine de la recherche en ligne, cela donne "la pertinence des résultats fournis par le moteur est proportionnelle à la croissance de la communauté et donc au développement des usages de l'outil".

J'ai voulu l'essayer et comme le disent les marketeurs : l'essayer c'est l'adopter !

Côté fonctionnalités, je vous renvoie au billet d'Outils Froids. Du point de vue du module d'administration de l'outil, cela s'avère particulièrement intéressant pour la publication : l'interface de gestion est extrêment simple et conviviale et côté module d'analyse, c'est franchement le paradis : je vais enfin tout savoir des requêtes formulées par les lecteurs de ce site.

Autre élément bluffant (je suis en train de devenir un Swicki addict !), c'est au niveau de la page de remontée des résultats. La fonctionnalité qui permet de comparer sur la même page 2 colonnes de résultats (l'une pour swicki, l'autre pour des "moteurs traditionnels") est intéressante. Pour ceux qui estiment (il y en a beaucoup notamment dans le contexte de l'entreprise) que les moteurs traditionnels perdent en pertinence et génèrent trop de bruit (ou plus simplement dit que la quantité nuit à la qualité des résultats), la comparaison avec Swicki est déroutante. Jugez plutôt, j'ai mené une recherche en parallèle sur le Swicki et Google, puis Yahoo, puis MSN et enfin Ask.com pour une requête sur un produit (testé dans le cadre de ce site). Les résultats sont :

  • 168 pour le Swicki
  • environ 41 800 pour Yahoo
  • 4 860 pour Ask.com
  • environ 92 900 pour Google !


Je me risque à qualifier ce type d'outil de moteur communautaire et en devine assez bien ses domaines d'application dans un environnement professionnel en matière de partage des connaissances et de pertinence accrue des résultats remontés. Là où des portails sectoriels ou thématiques et autres vertical seach engines imposent une ligne éditoriale voulue et définie par l'éditeur de l'outil (donc forcément partiale), ce type d'application bénéficie des pratiques qu'en fait la communauté des utilisateurs. En ce sens, le Swicki s'inscrit dans une tendance web 2.0 dans laquelle le feedback (en temps réel) permet à l'éditeur et aux utilisateurs d'enrichir le moteur et donc sa pertinence.

Qui a parlé d'intelligence collective ?

Pour compléter : un billet paru sur Elanceur

le site Eurekster qui propose le Swicki

A essayer vite ...

... sur ce weblog, bien sûr ! (c'est dans la partie droite : Rechercher dans ce blog et d'autres)